Cryptomonnaie : des millions d'euros bloqués sur une plateforme après le décès d'un Canadien

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Gerald Cotten, fondateur de la plateforme canadienne Quadriga CX, est décédé en décembre. Problème : lui seul détenait l'ensemble des clés privées de 115.000 utilisateurs.

Voilà une disparition qui risque de coûter très cher. Quelque 250 millions de dollars canadiens (180 millions d'euros), qui représentent l'ensemble des avoirs stockés sur la première plateforme de cryptomonnaie canadienne QuadrigaCX sont bloqués depuis la mort de son fondateur Gerald Cotten, selon le site spécialisé Coindesk. Ces plateformes servent à acheter ou échanger des cryptoactifs (Bitcoin, Ethereum, Litecoin) et pour les utilisateurs qui le choisissent à les stocker.

Tout a commencé il y a trois semaines avec l'annonce par sa femme du décès de Gerald Cotten, survenu un mois plus tôt alors qu'il participait à une action humanitaire en Inde. Seul problème? Il était le seul à posséder les «clés privées» - ces codes permettant d'accéder à son compte et aux sommes qui y étaient stockées ou échangées. Sa femme affirme avoir tout tenté pour retrouver les codes enregistrés sur son disque dur chiffré, sans succès. Toujours selon Coindesk, elle a fait appel à un expert informatique qui n'a pas su non plus accéder au contenu tant convoité. Utilisée par plus de 363.000 personnes, QuadrigaCX détenait les cryptoactifs de 115.000 clients au moment de la mort de son directeur. En conséquence, l'entreprise risque d'être placée sous administration judiciaire lors d'un jugement.

En réaction, le conseil d'administration de QuadrigaCX a informé ses clients dans un communiqué publié le 31 janvier dernier: «Nous avons travaillé d'arrache-pied pour régler nos problèmes de liquidités, notamment en tentant de localiser nos réserves en cryptomonnaies (...) Malheureusement, ces efforts n'ont pas été couronnés de succès». Dean Skurka, directeur d'une plateforme canadienne concurrente de cryptomonnaie Bitbuy.ca, en a profité pour s'en prendre de son côté au gouvernement: «Cela montre une nouvelle fois la nécessité de prendre des mesures réglementaires sur les plateformes d'échanges de cryptomonnaies» explique-t-il dans les médias locaux.

Suppositions et complot

Cette disparition est aujourd'hui au cœur de toutes les spéculations. Le journal canadien «The Globe and Mail» révèle en effet que Gerald Cotten avait rédigé son testament le 27 novembre, seulement quelques jours avant sa disparition. Autre fait troublant, les litiges juridiques qui opposaient QuadrigaCX et l'institution canadienne Imperial Bank of Commerce sur une somme de 26 millions de dollars canadiens (17,3 millions d'euros).

De son côté, Jesse Powell, directeur de la plateforme d'échange de cryptomonnaie américaine Kraken rapporte dans les colonnes de Motherbroad ses «doutes sérieux sur la version officielle de l'histoire». «Compte tenu du professionnalisme des personnes impliquées dans l'affaire, il ne semble pas crédible qu'elles aient laissé une telle situation (à savoir laisser une seule personne avoir en sa possession les codes d'accès à la plateforme QuadrigaCX, NDLR) se produire».

Autant d'informations troublantes qui ont poussé certains clients de QuadrigaCX ont engagé des poursuites judiciaires contre l'entreprise. Ces derniers ont même émis des doutes sur la véritable mort de Gerald Cotten sur le réseau social Reddit.


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