Les 26 banques centrales européennes vont rencontrer les représentants de Libra

Actualités blockchain

Blockchain / Actualités blockchain 23 Vues

Réunion au sommet pour Libra. Selon un article du Financial Times paru le 16 septembre 2019, des représentants de cette monnaie virtuelle lancée par Facebook et des responsables des 26 banques centrales vont se rencontrer à Bâle (Suisse). Les membres fondateurs de Libra devront répondre à des questions sur le champ d'application et la conception de cette devise. Les explications seront compilées dans un rapport destiné aux ministres des Finances du G7 en octobre.

Les représentants de Libra se sont félicités de ces discussions qui entrent dans un cadre plus large de "collaboration avec les régulateurs et les décideurs politiques du monde entier" qu'ils tentent de mener depuis le lancement de leur projet le 18 juin 2019. 

L'argent comme expression de la souveraineté de l'etat

Pourtant, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour que cette monnaie s'installe en Europe. "La barre est placée très haut pour l'approbation réglementaire de Libra au sein de l'Union Européenne", avait déclaré Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne et président de cette réunion.

Yves Mersch, membre du directoire de la Banque centrale européenne, a tenu le même discours le 2 septembre 2019. Selon lui, le déploiement de ce dispositif dans l'Union Européenne réduirait "le rôle de la Banque centrale européenne", nuirait au fonctionnement des banques de la zone euro et porterait "atteinte à la position internationale de la monnaie unique". Il concluait que "par sa nature de bien public, l'argent a toujours été l'expression de la souveraineté de l'Etat".

Bruxelles soupçonne une entrave à la concurrence

Les institutions de l'UE ne sont également pas dupes. Le 20 août 2019, il a été révélé que les autorités européennes enquêtaient sur le projet lancé par Facebook. Elles soupçonnent que l'exploitation des données personnelles des utilisateurs par le réseau social constitue une entrave à la concurrence.

Le 5 septembre 2019, le Comité économique et financier a demandé à la Commission européenne une analyse sur les risques que pourraient poser ce dispositif et sur son statut juridique. En effet, il pose de nombreuses questions : doit-on le classer comme une monnaie virtuelle, un instrument financier ou une monnaie électronique ? Si Libra est qualifié d'instrument financier alors il devra se conformer à plusieurs textes tels que la directive sur les marchés financiers et anti-blanchiment.

L'occasion de réfléchir à une monnaie digitale publique

Dans le même temps, certains estiment que l'arrivée de Libra à partir de 2020 exige de réfléchir aux possibilités d'une "monnaie digitale publique". C'est dans ce sens que le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire a indiqué, le 12 septembre 2019, qu'il fallait lancer des travaux autour d'un tel outil d'ici mi-octobre lors de la réunion des ministres des Finances à Washington "pour avoir des projets concrets d'ici quelques mois". 

Commentaires