Les Français voient l'innovation technologique comme un levier pour combattre la fraude

Actualités blockchain

Blockchain / Actualités blockchain 23 Vues

Les Français voient dans l'innovation une très bonne façon de combattre la fraude, selon un sondage Odoxa réalisé pour Leyton, SAP Concur, BFM Business, L'Usine Digitale, Stratégies et 01Net et publié le 14 novembre 2019. 

un phénomène difficile à mesurer

Il est important de préciser que le mot "fraude" n'est pas défini par l'étude. Toutefois, dans ce contexte, il est possible de lui donner la signification suivante : un acte qui a été réalisé en utilisant des moyens déloyaux destinés à obtenir un avantage matériel.

19% des interrogés admettent avoir déjà fraudé l'administration fiscale, son entreprise via les notes de frais ou les aides sociales. L'étude prend soin de rappeler que ces omissions volontaires ou involontaires ont un coût pour l'Etat même s'il s'agit d'une tendance très difficile à mesurer précisément. Malgré ce chiffre, 82% des sondés jugent que cette fraude nuit à la société. Et ils ont l'impression que les choses vont plutôt en se dégradant.

Les innovations digitales au centre de cette lutte

69% des personnes interrogées voient les innovations digitales comme une opportunité pour lutter contre ce phénomène plutôt que comme une menace. Plus des trois quart d'entre eux (78%) jugent qu'elles permettront "un renforcement de l'arsenal de contrôle" pour confondre les fraudeurs. Ils visent spécifiquement "l'informatique et les réseaux sociaux". Pour 67% des sondés, la traçabilité permise par "la blockchain, l'intelligence artificielle, voire la suppression de l'argent liquide" sont des solutions pour limiter la fraude. 30% des sondés estiment, au contraire, que les innovations multiplieront "les possibilités de fraude". Il est dommage que l'étude n'ait posé aucune question sur la crainte que pourraient avoir les personnes interrogées quant à l'utilisation de leurs données personnelles.

Vers des contrôles renforcés via la surveillance des réseaux sociaux

Ce sondage est une bonne nouvelle pour l'administration fiscale, qui va démarrer une expérimentation de trois ans pour collecter "les données à caractère personnel publiées sur internet par les utilisateurs de plates-formes en ligne" (article 57 du projet de loi de finances pour 2020). Le traitement "automatisé" de ces informations va permettre de comparer le train de vie des administrés sur internet et celui déclaré dans les documents administratifs. Les résultats de l'étude invitent à penser que ce nouveau dispositif sera très bien accueilli par les Français, même si la Cnil s'en inquiétait dans une décision du 12 septembre 2019.

L'étude révèle également que la demande en innovations digitales pour contrôler les fraudes est de plus en plus forte dans de nombreux secteurs. Par exemple, dans le domaine des frais et déplacements professionnels, qui serait le deuxième poste de dépenses pour les entreprises après les salaires, de plus en plus de solutions de contrôle sont mises en place. Le domaine de la lutte contre la fraude dans les paiements et la criminalité financière est aussi fortement impacté par ces solutions.

Encore des progrès à accomplir

"Il reste en revanche des axes de progrès comme l’identité numérique, abordée de manière pionnière par la France il y a plus de 20 ans mais dont la mise en œuvre tarde…", ajoute dans l'étude Julien Pierrepont, directeur innovation chez Leyton. Dans ce domaine, l'Etat souhaite mettre en place une application baptisée Alicem qui permettra d'accéder à tous les services publics et sur laquelle il faudra s'identifier par reconnaissance faciale.

L'administration souhaite donc créer "une identité numérique régalienne sécurisée". Mais, dans une délibération du 18 octobre 2018, la Cnil reproche au ministère de l'Intérieur de ne pas "recourir à des dispositifs alternatifs de vérification" autres que la biométrie. Si Alicem devrait bien voir le jour, la forme que prendra cette identité numérique régalienne sécurisée est donc encore floue.

Méthodologie : l'enquête a été réalisée sur internet le 6 et 7 novembre 2019 auprès d'un échantillon de 1005 Français âgés de 18 ans et plus. La représentativité de l'échantillon est assurée par la méthode des quotas appliqués au sexe, âge, diplôme et profession de l'interviewé après stratification par région et catégorie d'agglomération.

Commentaires