[Paris Blockchain Week] Vers un changement de paradigme dans la blockchain ?

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La blockchain vit-elle sa première révolution ? Un nouveau paradigme de validation de transaction et de création de blocs – appelé algorithme de consensus – séduit de plus en plus le milieu. La preuve de travail (proof of work), sur laquelle repose notamment le minage de bitcoins, pourrait disparaître au profit de la preuve d’enjeu (proof of stake). Cette alternative, qui se veut moins énergivore et plus décentralisée que la preuve de travail, a déjà séduit une blockchain majeure, Ethereum, qui l’a adoptée pour sa version 2.0.

Au Paris Blockchain Week Summit, sommet international de la blockchain qui se tient du 16 au 17 avril à Station F, dans le 13e arrondissement de Paris, certaines critiques se font pourtant entendre.

Les bases

L’exemple idéal de la preuve de travail est le minage de bitcoin. Pour participer à la blockchain, un utilisateur investit dans du matériel informatique. Cela va lui permettre de miner : il va résoudre un problème complexe (et inutile) à grand coups de calculs pour obtenir le droit de valider une transaction, ou de créer un bloc sur la chaîne, et être récompensé.

Avec la preuve d’enjeu, l’investissement ne se fait pas dans du matériel mais directement dans une crypto-monnaie liée à la blockchain. Ce nouvel algorithme de consensus répartit ensuite pseudo-aléatoirement les droits à valider, ou à créer un bloc, et obtenir une récompense. Cette sélection aléatoire se fait en fonction de l’investissement : une personne qui investit 10 000 dollars dans ce système aura dix fois plus de chances d’être sélectionnée qu’une personne ayant investi 1000 dollars.

Les enjeux

En faisant disparaître de son fonctionnement tous les calculs inutiles du minage, la preuve d’enjeu se veut moins énergivore que la preuve de travail. Ce changement réduirait drastiquement l’impact d’une chaîne de blocs publique sur l’environnement. Celui-ci en avait bien besoin : l’algorithme de consensus du bitcoin consommerait quasiment autant d’électricité par an que l’Irlande.

Un autre argument mis en valeur par les promoteurs de la preuve d’enjeu est celui de la décentralisation. La preuve de travail, en se basant sur des investissements matériels, est sujette aux économies d’échelle. Plus une personne investit dans du matériel puissant et en grande quantité, plus son retour sur investissement va augmenter. Avec la preuve d’enjeu, le retour sur investissement reste exactement proportionnel à l’investissement.

Critiques

Au Paris Blockchain Week Summit, qui se tient du 16 au 17 avril à Station F, dans le 13e arrondissement de Paris, des critiques se font pourtant entendre. "La preuve de travail donne la possibilité à n’importe qui dans le monde de devenir potentiellement un acteur majeur des crypto-monnaies", estime Monica Quaintance, cheffe Recherche et Réseaux de la blockchain Kadena. "La preuve d’enjeu, elle, pousse les gens à accumuler de plus en plus de parts d’une chaîne et à être de moins en moins à la contrôler."

"L’algorithme de preuve de travail est le plus simple à implémenter", affirme quant à lui Patrick Dai, fondateur de Qtum, une blockchain qui se présente comme une passerelle entre Bitcoin et Ethereum. Reste que l’adoption de ce nouvel algorithme de consensus par Ethereum, pour son passage à la version 2.0, marque un sérieux intérêt pour la preuve d’enjeu. 

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