Un rapport officiel du G7 sur les cryptomonnaies souligne le besoin d'une meilleure réglementation

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Le rapport "Cœuré" a été remis aux ministres des finances du G7 le 17 octobre 2019, révèle le Financial Times. Ces recommandations avaient été commandées par le groupe en juillet 2019 suite aux inquiétudes soulevées par les différents projets de cryptomonnaies. Benoit Cœuré, membre de la Banque centrale européenne, a été chargé de sa rédaction.

Pas de cryptomonnaie sans réglementation

Sa conclusion est claire : "Le G7 estime qu'aucun projet ne devrait commencer à fonctionner tant que les défis et les risques juridiques, réglementaire et de surveillance n'auront pas été traité de manière adéquate". Rien de bien surprenant. Le 12 septembre 2019, le ministre de l'Economie français Bruno Le Maire adoptait déjà cette position lors de l'ouverture d'une conférence de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sur la blockchain. Il estimait alors que "la souveraineté monétaire des Etats était en jeu". Ce sont les mêmes arguments qui ont été repris par le rapport : solidité juridique, gouvernance de la devise, fonds de réserve…

Le rapport n'évoque pas directement Libra

Les 31 pages du rapport n'évoquent qu'indirectement Libra, le projet de cryptomonnaie soutenu par Facebook. Pourtant c'est bien lui qui a propulsé le débat sur ces actifs numériques. Bertrand Perez, le directeur général de Libra, est conscient de la nécessité de rassurer les Etats. "Le plus important est de nous conformer aux organismes de réglementation et de nous assurer qu’ils nous fassent confiance", déclarait-il à Reuters le 27 septembre 2019.

Outre l'aspect juridique, le rapport s'inquiète de l'utilisation potentiellement criminelle des cryptomonnaies, soit le blanchiment d'argent et le financement d'activités terroristes. C'est le Groupe d'action financière (GAFI) qui s'occupe de contrôler ce danger. "Il est de notre devoir de veiller à ce que les nouveaux risques liés aux cryptomonnaies soient traités de manière adéquate", a déclaré le président de l'organisation internationale, Xiangmin Liu, à Reuters le 18 octobre 2019.

Réfléchir à un nouveau système de paiement

Mais le rapport "Cœuré" n'est pas totalement opposé à ces projets. Il encourage même les organismes publics à réfléchir à un nouveau système de paiement plus fluide, notant que les banques centrales explorent "individuellement et collectivement" la possibilité d'émettre leurs propres monnaies numériques.

C'est d'ailleurs en ces termes que Bruno Le Maire avait déclaré que le projet Libra a le mérite de "pointer certaines difficultés en matière de transactions financières". Il faisait notamment référence à la modulation des coûts de transactions différents en fonction des Etats, en particulier en Europe. Conséquence de quoi, il proposait deux pistes : l'amélioration par les banques de la qualité des systèmes de paiement internationaux et l'instauration d'une "monnaie digitale publique".

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